 sur plusieurs vies...
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| | Charles baudelaire (Oeuvres) | |
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Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 14:56 | |
| Liste des oeuvres de Charles Baudelaire
A A celle qui est trop gaie (Les fleurs du mal) A une dame créole (Les fleurs du mal) A une Madone (Les fleurs du mal) A une Malabaraise (Les fleurs du mal) A une mendiante rousse (Les fleurs du mal) A une passante (Les fleurs du mal) Alchimie de la douleur (Les fleurs du mal) Allégorie (Les fleurs du mal) Au lecteur (Les fleurs du mal) Avec ses vêtements ondoyants et nacrés (Les fleurs du mal) B Bénédiction (Les fleurs du mal) Bien loin d'ici (Les fleurs du mal) Bohémiens en voyage (Les fleurs du mal) Brumes et pluies (Les fleurs du mal) C Causerie (Les fleurs du mal) Chanson d'après-midi (Les fleurs du mal) Chant d'automne (Les fleurs du mal) Châtiment de l'orgueil (Les fleurs du mal) Ciel brouillé (Les fleurs du mal) Confession (Les fleurs du mal) Correspondances (Les fleurs du mal) D Danse macabre (Les fleurs du mal) De profundis clamavi (Les fleurs du mal) Don Juan aux enfers (Les fleurs du mal) E Élévation (Les fleurs du mal) Épigraphe pour un livre condamné (Les fleurs du mal) F Femmes damnées (1) (Les fleurs du mal) Femmes damnées (2) (Les fleurs du mal) H Harmonie du soir (Les fleurs du mal) Horreur sympathique (Les fleurs du mal) Hymne à la beauté (Les fleurs du mal) Hymne (Les fleurs du mal) I Incompatibilité (Poèmes divers) J J'aime le souvenir de ces époques nues (Les fleurs du mal) Je n'ai pas oublié, voisine de la ville (Les fleurs du mal) Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (Poèmes divers) Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne (Les fleurs du mal) Je te donne ces vers... (Les fleurs du mal) K L L'albatros (Les fleurs du mal) L'âme du vin (Les fleurs du mal) L'amour du mensonge (Les fleurs du mal) L'amour et le crâne (Les fleurs du mal) L'aube spirituelle (Les fleurs du mal) L'avertisseur (Les fleurs du mal) L'ennemi (Les fleurs du mal) L'Etranger (Le spleen de Paris) L'examen de minuit (Les fleurs du mal) L'héautontimorouménos (Les fleurs du mal) L'homme et la mer (Les fleurs du mal) L'horloge (Les fleurs du mal) L'idéal (Les fleurs du mal) L'invitation au voyage (Les fleurs du mal) L'irrémédiable (Les fleurs du mal) L'irréparable (Les fleurs du mal) La Béatrice (Les fleurs du mal) La beauté (Les fleurs du mal) La chevelure (Les fleurs du mal) La cloche fêlée (Les fleurs du mal) La destruction (Les fleurs du mal) La fin de la journée (Les fleurs du mal) La fontaine de sang (Les fleurs du mal) La géante (Les fleurs du mal) La lune offensée (Les fleurs du mal) La mort des amants (Les fleurs du mal) La mort des artistes (Les fleurs du mal) La mort des pauvres (Les fleurs du mal) La muse malade (Les fleurs du mal) La muse vénale (Les fleurs du mal) La musique (Les fleurs du mal) La pipe (Les fleurs du mal) La prière d'un païen (Les fleurs du mal) La rançon (Les fleurs du mal) La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse (Les fleurs du mal) La vie antérieure (Les fleurs du mal) La voix (Les fleurs du mal) Le balcon (Les fleurs du mal) Le beau navire (Les fleurs du mal) Le cadre (Les fleurs du mal) Le chat (1) (Les fleurs du mal) Le chat (2) (Les fleurs du mal) Le coucher du soleil romantique (Les épaves) Le couvercle (Les fleurs du mal) Le crépuscule du matin (Les fleurs du mal) Le crépuscule du soir (Les fleurs du mal) Le cygne (Les fleurs du mal) Le flacon (Les fleurs du mal) Le flambeau vivant (Les fleurs du mal) Le galant tireur (Le spleen de Paris) Le gouffre (Les fleurs du mal) Le goût du néant (Les fleurs du mal) Le guignon (Les fleurs du mal) Le jet d'eau (Les fleurs du mal) Le jeu (Les fleurs du mal) Le Léthé (Les fleurs du mal) Le mauvais moine (Les fleurs du mal) Le mort joyeux (Les fleurs du mal) Le parfum (Les fleurs du mal) Le poison (Les fleurs du mal) Le portrait (Les fleurs du mal) Le possédé (Les fleurs du mal) Le rebelle (Les fleurs du mal) Le reniement de Saint-Pierre (Les fleurs du mal) Le rêve d'un curieux (Les fleurs du mal) Le revenant (Les fleurs du mal) Le serpent qui danse (Les fleurs du mal) Le soleil (Les fleurs du mal) Le squelette laboureur (Les fleurs du mal) Le tonneau de la haine (Les fleurs du mal) Le vampire (Les fleurs du mal) Le vin de l'assassin (Les fleurs du mal) Le vin des amants (Les fleurs du mal) Le vin des chiffonniers (Les fleurs du mal) Le vin du solitaire (Les fleurs du mal) Le voyage (Les fleurs du mal) Les aveugles (Les fleurs du mal) Les bijoux (Les fleurs du mal) Les chats (Les fleurs du mal) Les deux bonnes soeurs (Les fleurs du mal) Les hiboux (Les fleurs du mal) Les métamorphoses du vampire (Les fleurs du mal) Les petites vieilles (Les fleurs du mal) Les phares (Les fleurs du mal) Les plaintes d'un Icare (Les fleurs du mal) Les promesses d'un visage (Les épaves) Les sept vieillards (Les fleurs du mal) Les ténèbres (Les fleurs du mal) Les yeux de Berthe (Les fleurs du mal) Lesbos (Les fleurs du mal) Lola de Valence M Madrigal triste (Les fleurs du mal) Moesta et errabunda (Les fleurs du mal) N O Obsession (Les fleurs du mal) P Parfum exotique (Les fleurs du mal) Paysage (Les fleurs du mal) Poèmes divers, II Poèmes divers, I Q Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire (Les fleurs du mal) R Recueillement (Les fleurs du mal) Remords posthume (Les fleurs du mal) Rêve parisien (Les fleurs du mal) Réversibilité (Les fleurs du mal) S Sed non satiata (Les fleurs du mal) Semper eadem (Les fleurs du mal) Sépulture (Les fleurs du mal) Sisina (Les fleurs du mal) Sonnet d'automne (Les fleurs du mal) Spleen : J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans (Les fleurs du mal) Spleen : Je suis comme le roi d'un pays pluvieux (Les fleurs du mal) Spleen : Pluviôse, irrité contre la ville entière (Les fleurs du mal) Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle (Les fleurs du mal) Sur Le Tasse en prison (Les épaves) T Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne (Poèmes divers) Tout entière (Les fleurs du mal) Tristesses de la lune (Les fleurs du mal) Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle (Les fleurs du mal) U Un voyage à Cythère (Les fleurs du mal) Une charogne (Les fleurs du mal) Une gravure fantastique (Les fleurs du mal) Une martyre (Les fleurs du mal) V W X Y Z
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|  | | Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Re: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 14:57 | |
| Obsession Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ; Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos coeurs maudits, Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles, Répondent les échos de vos De profundis.
Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes, Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes, Je l'entends dans le rire énorme de la mer.
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles Dont la lumière parle un langage connu ! Car je cherche le vide, et le noir et le nu !
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers, Des êtres disparus aux regards familiers.
Charles Baudelaire |
|  | | Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Re: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 14:57 | |
| Une martyre DESSIN D'UN MAITRE INCONNU
Au milieu des flacons, des étoffes lamées Et des meubles voluptueux, Des marbres, des tableaux, des robes parfumées Qui traînent à plis somptueux,
Dans une chambre tiède où, comme en une serre, L'air est dangereux et fatal, Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre Exhalent leur soupir final,
Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve, Sur l'oreiller désaltéré Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve Avec l'avidité d'un pré.
Semblable aux visions pâles qu'enfante l'ombre Et qui nous enchaînent les yeux, La tête, avec l'amas de sa crinière sombre Et de ses bijoux précieux,
Sur la table de nuit, comme une renoncule, Repose ; et, vide de pensers, Un regard vague et blanc comme le crépuscule S'échappe des yeux révulsés.
Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale Dans le plus complet abandon La secrète splendeur et la beauté fatale Dont la nature lui fit don ;
Un bas rosâtre, orné de coins d'or, à la jambe, Comme un souvenir est resté ; La jarretière, ainsi qu'un oeil secret qui flambe, Darde un regard diamanté.
Le singulier aspect de cette solitude Et d'un grand portrait langoureux, Aux yeux provocateurs comme son attitude, Révèle un amour ténébreux,
Une coupable joie et des fêtes étranges Pleines de baisers infernaux, Dont se réjouissait l'essaim des mauvais anges Nageant dans les plis des rideaux ;
Et cependant, à voir la maigreur élégante De l'épaule au contour heurté, La hanche un peu pointue et la taille fringante Ainsi qu'un reptile irrité,
Elle est bien jeune encor ! - Son âme exaspérée Et ses sens par l'ennui mordus S'étaient-ils entr'ouverts à la meute altérée Des désirs errants et perdus ?
L'homme vindicatif que tu n'as pu, vivante, Malgré tant d'amour, assouvir, Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante L'immensité de son désir ?
Réponds, cadavre impur ! et par tes tresses roides Te soulevant d'un bras fiévreux, Dis-moi, tête effrayante, a-t-il sur tes dents froides Collé les suprêmes adieux ?
- Loin du monde railleur, loin de la foule impure, Loin des magistrats curieux, Dors en paix, dors en paix, étrange créature, Dans ton tombeau mystérieux ;
Ton époux court le monde, et ta forme immortelle Veille près de lui quand il dort ; Autant que toi sans doute il te sera fidèle, Et constant jusques à la mort.
Charles Baudelaire |
|  | | Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Re: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 14:58 | |
| La fontaine de sang
Il me semble parfois que mon sang coule à flots, Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots. Je l'entends bien qui coule avec un long murmure, Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
A travers la cité, comme dans un champ clos, Il s'en va, transformant les pavés en îlots, Désaltérant la soif de chaque créature, Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ; Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine !
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ; Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles Fait pour donner à boire à ces cruelles filles ! |
|  | | Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Re: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 14:58 | |
| Pièces condamnées
III
Femmes Damnées Delphine et Hippolyte
A la pâle clarté des lampes languissantes, Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur Hippolyte rêvait aux caresses puissantes Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.
Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête, De sa naïveté le ciel déjà lointain, Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête Vers les horizons bleus dépassés le matin.
De ses yeux amortis les paresseuses larmes, L'air brisé, la stupeur, la morne volupté, Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes, Tout servait, tout parait sa fragile beauté.
Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie, Delphine la couvait avec des yeux ardents, Comme un animal fort qui surveille une proie, Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.
Beauté forte à genoux devant la beauté frêle, Superbe, elle humait voluptueusement Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle, Comme pour recueillir un doux remerciement.
Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime Le cantique muet que chante le plaisir, Et cette gratitude infinie et sublime Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.
- " Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ? Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir L'holocauste sacré de tes premières roses Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?
Mes baisers sont légers comme ces éphémères Qui caressent le soir les grands lacs transparents, Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières Comme des chariots ou des socs déchirants ;
Ils passeront sur toi comme un lourd attelage De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié... Hippolyte, ô ma soeur ! tourne donc ton visage, Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles ! Pour un de ces regards charmants, baume divin, Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles, Et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! "
Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête : - " Je ne suis point ingrate et ne me repens pas, Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète, Comme après un nocturne et terrible repas.
Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes Et de noirs bataillons de fantômes épars, Qui veulent me conduire en des routes mouvantes Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.
Avons-nous donc commis une action étrange ? Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi : Je frissonne de peur quand tu me dis : " Mon ange ! " Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée ! Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection, Quand même tu serais une embûche dressée Et le commencement de ma perdition ! "
Delphine secouant sa crinière tragique, Et comme trépignant sur le trépied de fer, L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique : - " Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?
Maudit soit à jamais le rêveur inutile Qui voulut le premier, dans sa stupidité, S'éprenant d'un problème insoluble et stérile, Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !
Celui qui veut unir dans un accord mystique L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour, Ne chauffera jamais son corps paralytique A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ; Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers ; Et, pleine de remords et d'horreur, et livide, Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître ! " Mais l'enfant, épanchant une immense douleur, Cria soudain : - " Je sens s'élargir dans mon être Un abîme béant ; cet abîme est mon cœur !
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide ! Rien ne rassasiera ce monstre gémissant Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde, Et que la lassitude amène le repos ! Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde, Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux ! "
- Descendez, descendez, lamentables victimes, Descendez le chemin de l'enfer éternel ! Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes, Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,
Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage. Ombres folles, courez au but de vos désirs ; Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage, Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.
Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ; Par les fentes des murs des miasmes fiévreux Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.
L'âpre stérilité de votre jouissance Altère votre soif et roidit votre peau, Et le vent furibond de la concupiscence Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.
Loin des peuples vivants, errantes, condamnées, A travers les déserts courez comme les loups ; Faites votre destin, âmes désordonnées, Et fuyez l'infini que vous portez en vous !
Ce poeme est surment l'un de mes préferer et il sera d'ailleur reprit en chanson par Damien Saez est un artiste que je respect (le nom de la chanson est poeme de Baudelaire) |
|  | | Belzy Warumono Directeur Principal


Age : 21 Inscrit le : 29 Mar 2007 Messages : 980
| Sujet: Re: Charles baudelaire (Oeuvres) Mar 18 Mar - 15:00 | |
| La beauté - (Charles Baudelaire)
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre, Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour, Est fait pour inspirer au poète un amour Eternel et muet ainsi que la matière. Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ; J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ; Je hais le mouvement qui déplace les lignes, Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. Les poètes, devant mes grandes attitudes, Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments, Consumeront leurs jours en d'austères études ; Car j'ai pour fasciner ces dociles amants, De purs miroirs qui font toutes choses plus belles : Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
(les Fleurs du mal) |
|  | | | Charles baudelaire (Oeuvres) | |
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